14 octobre 2009

Actions et obligations main dans la main

Il n'y a pas lieu de s'étonner que la hausse du marché actions depuis l'été ait eu lieu conjointement avec la hausse des obligations, le rendement de l'emprunt d'Etat à 10 ans revenant de 4% à 3.50%.
A mon avis, le phénomène est plutôt sain. Il est vrai qu'en période de crise intense, on voit la chûte des actions coïncider avec la montée des obligations, dans un mouvement de fuite vers la qualité parfois spectaculaire, comme on l'a constaté le 19 octobre 1987, ainsi qu'il y a un an. Cette divergence implique alors une très forte remontée de la prime de risque sur les actions.
Dans une évaluation du marché actions faite en actualisant les flux futurs, le taux d'actualisation pertinent est le taux "sans risque" des emprunts d'Etat, plus la prime de risque du marché. Cela veut dire que la hausse conjointe des actions et des obligations se traduit, du côté actions, par la baisse du taux d'actualisation sous l'effet de la baisse du taux sans risque. Si l'on regarde un peu en arrière, on sait que la hausse des actions entre 1995 et 1999 pouvait s'expliquer en grande partie par la réduction des taux obligataires pendant cette période.
Sur les derniers mois, on observe de plus une baisse de la prime de risque, que l'on peut lire par exemple dans les cours des CDS corporate ainsi que dans la diminution de l'indice VIX des volatilités implicites des options, ainsi qu'une amélioration des anticipations de bénéfices.
Baisse du taux sans risque, réduction de la prime de risque, hausse des prévisions de résultats : ces trois éléments se conjuguent pour expliquer le rally actuel sur les actions.
Quant à savoir si l'on ne va pas trop loin dans l'optimisme, ceci est une autre histoire.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir,

Aux regards des indicateurs : baisse du taux sans risque, réduction de la prime de risque, hausse des prévisions de résultats permettant la hausse des marchés actions.

Je crains que l'ensemble de ces éléments masquent le niveau gigantesque de cash sur les marchés financiers. Les financiers parlent de flux positifs allant rechercher la rentabilité sur les marchés actions.

En d'autres termes, le thermomètre - marché action - ne traduit qu’improprement le monde économique réel.
La crise financière, économique et sociale ne fait que commencer, par conséquent les marchés actions, impacteront la réalité économique et sociale à moyen terme, après que les financiers est correctement price « la crise civilisationnelle » dans laquelle nous rentrons et toutes ces incertitudes. Cela devrait se traduire par une baisse des marchés actions aux regards de la baisse effective des résultats des entreprises (aujourd’hui les Ets produisent de bons résultats – ce n’est pas étonnant, elle restructure l’opérationnel et le financier). Les CA restent atones.

Dans ce contexte, les taux d’intérêts resteront proche de 0, un cash toujours abondant sera disponible, une course vers la qualité pourrait s’amorcer !? Seul le VIX devrait traduire le manque de sérénité des investisseurs.

Je crains que nous empruntions les mêmes techniques financières japonaises. Plans de relance, sur plans de relance, baisse des taux à 0% (carry trade).
Après plus de 10 ans, nous observons aujourd’hui un Japon surendetté, avec une croissance atone sur fond de déflation.

fyi :Le résultat financier très positif de Goldman Sachs illustre mon propos (http://www.alterinfo.net/Paulson-et-Goldman-Sachs-le-sale-petit-secret-du-sauvetage-de-Wall-Street_a35837.html).
General electric a affiché un résultat traduisant d’avantage les conséquences de la crise financière sur le monde économique http://www.challenges.fr/actualites/entreprises/20091016.CHA8286/le_benefice_trimestriel_de_general_electric_chute_de_44.html

L’endettement a été la cause de la crise – on rajoute à cela de l’endettement des Etats.
Nous sommes entrain de créer une bombe financière !

Gofreespace.

Pierre GONZVA a dit…

Socité Générale vient de publier une étude, par le Dpt Cross Asset Research, intitulé : Worst-case debt scenario, protecting yourself against economic collapse.
Ce n'est pas leur scenario central (ni le mien), mais il mérite d'être lu.
Quant à la "crise civilisationnelle", je ne vois pas trop ce que cela veut dire

Sébastien a dit…

bon petit blog, elu meilleur blog de finance de 2009 c'est pas pour rien !
contactez moi !

Pierre GONZVA a dit…

Bonjour Sebastien
Où vous contacter ?
Slts

Pierre GONZVA a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Sébastien a dit…

sur bosse.seb@gmail.com